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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 21:20
Mercredi 15 Octobre 2014 "Alien 5 ? Ne jamais dire jamais" annonce Sigourney Weaver



 




Quatre mois après la disparition de H.R. Giger, la saga fête ses 35 ans avec la sortie d’une intégrale Blu-ray. Pour l’occasion, Sigourney Weaver a accepté de retracer avec le Magazine Première les grandes heures de cette épopée.


PREMIÈRE : La Fox fête les 35 ans d’Alien avec la sortie d’un nouveau coffret Blu-ray. On se souvient encore de celui, quasi identique, du trentième anniversaire. Vous êtes toujours partante pour évoquer la saga ?

Sigourney Weaver : Ça fait un bout de temps que je n’en ai pas parlé. Cinq ans vous dites ? C’est possible... Les gens aiment tellement ces quatre films qu’ils continuent de les regarder encore et encore après toutes ces années. Je suis heureuse de savoir qu’ils peuvent désormais les voir en Blu-ray dans les meilleures conditions possibles.

La récente disparition de H.R. Giger, considéré par certains comme le véritable architecte de la saga, offre un nouvel éclairage à cette sortie...

J’ai été très peinée par son décès. C’était un homme charmant riant beaucoup à propose de choses souvent lugubres. Sa contribution aux films a été encore plus décisive que ce que l’on voit à l’écran. Ce sont ses créations qui m’ont vraiment incitée à accepter le rôle. Si Alien a une place très particulière dans le cinéma et la science-fiction, c’est parce que Ridley Scott a eu le flair d’engager Giger et la volonté de s’immerger dans les mondes étranges et dérangeants qu’il créait. Trente-cinq ans plus tard, son style est toujours aussi neuf et pertinent. Depuis, personne ne s’est approché de la force de suggestion de ses inventions, de la part d’inconscient qu’elles contiennent.

Alien a servi de laboratoire pour des cinéastes à l’identité visuelle forte qui comptent aujourd’hui parmi les plus renommés. Ridley Scott, James Cameron, David Fincher...  Ce fut pour eux comme un rite de passage.

C’est vrai. Moi aussi, d’ailleurs. C’était mon premier film et j’ai eu beaucoup de chance d’avoir quelqu’un comme Ridley Scott pour m’accompagner dans cette aventure. Vous savez, personne n’avait prévu de donner une suite
à Alien. James Cameron l’a écrite tout seul dans son coin, approfondissant et enrichissant le rôle de Ripley d’une manière que personne n’avait osé envisager. Tous les cinéastes de la saga ont une grande admiration pour les femmes, et si ces films sont si populaires aujourd’hui, c’est, j’en suis absolument persuadée, parce qu’ils mettent en scène un personnage central féminin. Mais il est vrai que ces films ont été des « lieux de naissance ».
 
Parce qu'ils ont presque tous débuté en vous dirigeant existe-t-il un lien spécial entre vous et ces réalisateurs ?

Je crois, oui. Je me sens proche d’eux. Il faut savoir que ces films sont très compliqués à faire : les tournages sont longs, avec de grosses équipes, l’ambiance est tendue... Ça nous soude énormément. Ces quatre cinéastes sont extrêmement talentueux et je sais que, si je croise l’un d’entre eux demain, on reprendra notre conversation là où on l’a laissée comme si on venait de se quitter. Je viens de retravailler avec Ridley sur Exodus et je vais passer toute l’année 2015 sur le plateau de Cameron pour les suites d’Avatar. Donc oui, nous avons noué un lien étrange, et qui dure.

D’après vous, qu’y a-t-il de si séduisant dans cette aventure pour attirer des réalisateurs visionnaires de cette trempe ?

Bonne question... (Elle réfléchit.) Le tout premier scénario d’Alien était une histoire linéaire, concise, très ingénieusement écrite.
Ce qu’on appelle un « dix petits nègres » à Hollywood. Ça se passait sur un vaisseau où il n’y avait que des hommes, mais il y avait déjà la fameuse séquence du « chest-bursting » (quand l’alien sort du ventre de John Hurt). La Fox a fait preuve d’un certain génie en choisissant Ridley, qui a sollicité Giger en ayant une idée bien précise de ce à quoi l’espace devait ressembler. Il ne voulait pas d’un environnement stérile et rutilant comme celui que Kubrick avait dépeint dans 2001... mais un monde réel rongé par le quotidien où les gens se battent pour obtenir des jours de congés et être payés de leurs heures supplémentaires. Ridley a permis aux spectateurs de se projeter immédiatement dans cet univers de science-fiction en réduisant les distances imposées par le genre. Je crois que c’est l’une des raisons pour lesquelles la franchise attire ces grands cinéastes : c’est pour eux l’occasion de donner leur propre vision du cosmos.


Après Alien3, vous aviez très clairement annoncé que vous ne reviendriez plus, que c’en était fini de Ripley. Et puis...

Ils m’ont donné beaucoup d’argent pour faire Alien – La Résurrection (Jean-Pierre Jeunet, 1997) ! C’est ce qui s’est dit à ce moment-là, que je l’avais fait pour l’argent.
Il est dommage que mes négociations salariales avec la Fox aient été rendues publiques, mais bon... De nos jours, cette transparence entre le business et la sphère publique est monnaie courante, même si je ne pense pas que ça fasse du bien à qui que ce soit, surtout pas aux films. Pour répondre à votre question, effectivement, je ne devais pas revenir. Ripley était morte, c’était fini. Mais l’idée du clonage et de ses effets sur le personnage m’intéressait, le fait de jouer une Ripley mi-humaine, mi- extraterrestre. À l’époque, on était tous fascinés par les clones.


Saviez-vous que Joss Whedon, scénariste du quatrième volet d’Alien, était très fâché du résultat ?

Joss ? Ah bon?
 
En 1997, il a dit à propos du film: « C’est la dernière humiliation que je subirai de toute ma carrière. La prochaine personne habilitée à saloper l’un de mes scripts à l’écran, ce sera moi. »

J’ai récemment travaillé avec Joss sur La Cabane dans les bois (Drew Goddard, 2012, produit par Whedon) et j’ignorais qu’il pensait ça du film de Jeunet. Je crois qu’il ne m’en a jamais parlé. Le souci, c’était que le film manquait un peu de cœur, d’émotion, ce qui venait sans doute du fait que Ripley était clonée. Chaque réalisateur de la saga avait ses obsessions, ses centres d’intérêt. Jean-Pierre, lui, aimait beaucoup l’humour noir, l’ironie, ce qui a pu en déstabiliser certains. Par ailleurs, on n’était pas aidés par la technologie des images de synthèse, qui n’était pas aussi performante qu’aujourd’hui. Le rendu des créatures nous avait beaucoup déçus par rapport à ce qu’on en attendait. Dommage pour Joss, je n’imaginais pas que ça l’avait autant affecté. Mais après le tournage du 4, j’ai refusé de faire le 5. Je n’étais pas convaincue par l’idée d’aller sur Terre, puisque telle était leur idée (le scénario prévoyait que Ripley et les survivants du quatrième opus fassent enfin escale sur Terre). Ce n’était pas dans ce sens que la série devait aller. Déjà, pour le 4, je n’étais pas sûre qu’on avait pris la bonne direction. Finalement, l’histoire d’Ellen Ripley reste inachevée.


On ne vous parle plus d’Alien 5 ?

Quelques personnes liées à la production en parlent de façon très informelle, mais je ne sais pas ce que ça va donner. Il me semble pourtant que les fans aimeraient bien qu’on termine l’histoire. Ne jamais dire jamais..


Que pensez-vous du Prometheus de Ridley Scott, sorti en 2012 ?

J’ai adoré l’angle scientifique du film, l’idée de la conception génétique du monde et de la créature elle-même. C’est moins un film d’aventures que ne le sont les Alien, mais c’est une fascinante étude sur nos origines, et c’est merveilleusement réalisé. Un autre genre de « bestiau ».
 
Pour une « sci-fi queen » comme vous, vivre dans un monde où la SF est omniprésente, c’est agréable, non ? Tout le monde s’arrache Sigourney Weaver...

Je ne me considère pas comme une « sci-fi queen » parce que j’ai fait plein d’autres choses, dont certaines en France, je vous le rappelle. (Rire.) Je n’ai jamais porté beaucoup d’intérêt à la science-fiction, mais je dois avouer qu’aujourd’hui, j’adore ça ! C’est une loupe qui nous permet d’examiner le présent. Toutes les questions qu’on se pose actuellement concernant le réchauffement climatique ou la surpopulation sont ardemment débattues dans ces œuvres-là. C’est comme si l’on entrait actuellement dans notre « vraie » version de la SF, et ces films sont une échappatoire, un plaisir coupable et néanmoins en prise avec le réel. Mais pour répondre à votre question, non, je ne suis pas une « sci-fi queen ». Il n’y a qu’une reine, et c’est la reine des aliens !
 

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Published by cla
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